De l'enregistrement Mes Mots
Ce soir,
J’viens pas faire du bruit pour rien.
J’viens vous parler…
Des mots.
Mais pas n’importe comment.
Parce que les mots…
C’t’un des pouvoirs les plus forts qu’on a.
Pis on l’oublie.
Un mot…
Ça peut soulever un cœur effondré,
Ou l’écraser d’un coup sec.
Ça peut bâtir une paix,
Ou déclencher une guerre.
Juste… un mot.
On les lance souvent sans penser,
Comme si c’tait des p’tits riens.
Mais y’a rien de plus dangereux…
Rien de plus précieux non plus.
C’est avec des mots qu’on tombe en amour.
C’est avec des mots qu’on brise quelqu’un.
C’est avec des mots qu’on se tient debout…
Ou qu’on s’éteint tout doucement.
Ce que j’m’apprête à vous dire,
C’est pas un texte, c’est pas une performance.
C’est un rappel.
Un cri doux.
Une torche dans l’noir.
Parce qu’y’a des mots qui blessent…
Mais y’en a qui guérissent.
Y’en a qui réveillent.
Pis y’en a qui sauvent.
Alors ce soir…
Laissez vos cœurs ouverts.
Vos oreilles grandes.
Pis écoutez…
Mes Mots.
Paroles
Les mots…
Ça coule,
Comme un ruisseau qu’on n’peut pas freiner.
Ça s’faufile,
Dans nos veines, dans nos pensées.
On les laisse passer,
Comme si c’tait rien que de l’air…
Juste des sons qu’on jette à l’envers.
Mais chaque syllabe…
C’t’une danse qui frôle,
Une transe qui colle,
Pis des fois…
Une claque en pleine face,
Sans qu’on sache...
On parle…
On jette…
On garroche des mots comme si c’tait rien…
Un "ça va?" sans même s’arrêter,
Un "merci" oublié dans l’brouillard d’la journée.
Mais en arrière d’tout ça,
Y’a du vrai…
Y’a des échos,
Y’a des feux,
Pis des morceaux.
Un mot, c’t’un élan,
Ou c’t’un couteau dans le vent.
Un "je t’aime" qui répare,
Ou un silence qui tue le regard.
Les mots…
Façonnent ou démolissent,
Ça guérit, ou ça laisse des cicatrices.
Ça construit des ponts…
Ou des murs en béton…
Un mot d’amour…
Ça peut rallumer un cœur éteint,
Juste… avec un rien.
Les mots doux, les mots rough,
Ceux qu’on dit quand on est à bout.
Les mots d’amour qu’on garde pour soi,
Pis ceux qu’on lance en pensant qu’ça fait pas de mal.
Mais chaque phrase qu’on prononce…
C’est une semence.
Pis chaque silence…
C’est une réponse.
Pis si…
On s’arrêtait.
Juste un p’tit bout de temps.
Pour écouter…
Pas les mots qu’on dit…
Mais ceux qui veulent s’dire.
Ceux qu’on avale.
Ceux qui pèsent dans l’silence.
Leur poids…
Leur chaleur…
Leur blessure.
Avant d’ouvrir la bouche,
Avant d’pitcher des sons dans l’vide…
Juste…
Fermer les yeux…
Pis…
Respirer.
Les mots…
Façonnent ou démolissent,
Ça guérit, ou ça laisse des cicatrices.
Ça construit des ponts…
Ou des murs en béton…
Un mot d’amour…
Ça peut rallumer un cœur éteint,
Juste… avec un rien.
Fait qu’parlons vrai…
Pas juste pour remplir l’vide,
Mais pour toucher l’nerf,
Là où ça vibre, là où ça saigne...
Parlons avec l’cœur à nu, sans carapace,
Avec les mots qu’on dit pas, qu’on garde en place.
Parlons pour guérir, pas pour gagner,
Pour s’rejoindre… même quand c’est brisé.
Les mots coulent…
Les mots roulent…
Fait qu’on va écrire demain
Avec nos tripes pis nos mains.
Un monde…
Où chaque mot qu’on prononce
Devient un souffle…
Qui recolle les morceaux d’l’existence.
Un monde…
Où la parole sert pas à dominer,
Mais à tendre la main,
À rappeler qu’on est faits de la même lumière…
Pis des mêmes blessures.
Un monde…
Où chaque mot
Résonne…
Comme une prière sans religion.
Pis redonne…
Un sens à c’qu’on croyait perdu.