De l'enregistrement Fleur en Cage
Ce texte, c’est un moment suspendu que j’ai voulu partager…
Pas une grande histoire, pas un évènement dramatique, juste un instant de vie où j’ai senti quelque chose de vrai.
Il parle de rencontres. Pas n’importe lesquelles. Celles qui, mêmes brèves, te font sentir connecté à l’autre, à son humanité.
Dans ce slam, je raconte la rencontre avec une fille, mais aussi ce que j’ai perçu autour d’elle : un homme enfermé dans sa propre tempête, une violence subtile, silencieuse, qui tente de dominer ce qui est beau et fragile.
Mais la poésie, ici, ne se limite pas à un récit d’observation. Elle parle de respect, de reconnaissance, et surtout d’empathie. J’essaie de montrer que même si quelqu’un vit dans la colère ou la douleur, il y a toujours quelque chose derrière le masque.
Et qu’il y a des âmes qui méritent d’être vues, honorées et protégées.
Les images que j’utilise – la lumière, la fleur dans l’asphalte, le sourire sauvage – c’est ma façon de traduire des émotions intangibles. Des émotions que l’on peut ressentir sans qu’un mot ne soit prononcé,
juste par le regard, le silence ou la présence.
À travers ce texte, je veux que vous pensiez à toutes ces belles âmes autour de vous. À celles qu’on ne voit pas toujours, à celles qui s’effacent pour la paix, ou qui subissent les tempêtes des autres.
C’est un rappel que chacun mérite un espace pour grandir, pour briller, pour s’épanouir…
et que parfois, juste reconnaitre ça, c’est déjà un acte de courage et de beauté.
En slam, ces mots deviennent gestes, rythme, respiration…
Alors écoutez-les comme on écouterait une main tendue, un souffle, une lumière dans l’ordinaire.
Paroles
J’vais t’parler d’une scène…
Pas grand-chose, t’sais…
Juste un instant, au milieu de l’ordinaire.
Mais qui a secoué mon cœur en douceur.
Elle était là...
La fille !
L’étrangère...
Plantée au comptoir,
Comme si le monde autour tournait sans elle.
La lumière l’effleurait…
Juste ce qu’il faut.
Un peu douce… un peu cassée.
Elle bougeait pas,
Mais j’te jure…
Elle vibrait .
Moi, j’étais là…
Les yeux qui flânaient,
Pis mon regard a croisé l’sien.
Et vlan... !
Une fenêtre ouverte sur quelque chose de vrai.
Elle dégageait…
Pas juste de la beauté,
Mais une paix, une présence…
Quelque chose qu’tu peux pas acheter.
Alors j’ai dit une affaire.
Juste une.
Un compliment glissé comme une plume.
Pas pour flirter…
Juste… pour l'honorer.
Elle m’a souri.
Un p’tit « merci », comme une caresse dans l’air.
Mais l’homme à côté…
Lui, y s’est refermé.
Comme un mur.
Comme une barrière qui veut rien laisser passer.
Y a lancé sa joke…
Pas pour rire.
Pour m’mettre à terre.
Pour dire : elle est à moi.
Comme si j’pouvais pas voir
Qu’y s’enlignait dans sa propre tempête.
Mais moi j’ai vu.
J’ai vu l’gars…
Pas juste son masque.
J’ai vu un homme pogné,
Pris dans ses tempêtes à lui.
Un cœur qui saigne en dedans,
Pis qui saigne les autres…
Parce qu’y sait pas faire autrement.
Elle, elle essayait.
Elle parlait doux,
Elle voulait pas qu’y s’enflamme.
Mais j’le voyais,
C’tait tout l’temps elle qui s’effaçait…
Pour garder la paix.
Pis là…
Elle m’a regardé.
Juste une seconde.
Mais ça disait tout.
On s’est compris sans parler.
Elle savait…
J’savais...
Que c’t’homme-là changerait pas.
Alors dans ma tête,
J’lui ai lancé ça :
Toi, la Belle âme…
T’es comme une fleur qui s’obstine à pousser dans l’asphalte.
Mais une fleur… ça mérite du soleil,
Ça mérite un jardin qui lui fais du biens,
Pas des voix qui lui disent qu’elle vaut rien.
Ton sourire… sauvage…
Y mérite pas d’être gardé en cage.
Y mérite des bras ouverts,
Un ciel clair,
Un regard qui te propulse dans les airs.
Trace-toé un autre chemin ailleurs…
Un chemin qui reconnaît ta valeur,
Un chemin où ton cœur n’aura plus peur.
Même si ça prend du temps,
Même si t’u l'garde en d’dans…
T’as droit à un amour qui t’arrose,
Pas à un poids qu’il t’impose.
Certains marchent côte à côte,
Mais leurs pas suivent pas la même note.
Belle âme...,
T’as le droit de t’envoler,
Même en gardant tes pieds sur le pavé.
Pis si jamais, un jour,
Tu penses que personne t’a vue…
Sache que moi,
Moi j’t’ai vue.
Pis j’me souviendrai…
D’ta lumière...
Dans l’gris de c’matin-là !