De l'enregistrement Danser pour vivre… mais pas pour tous
J’ai un frère de cœur…
Un compagnon de route, unique, sincère, généreux de soi,
Un homme qui a donné des dizaines d’années de sa vie
À ce cercle qu’on appelait la danse de la vie.
Durant toutes ces années, Il a offert son temps, ses épaules, ses rires,
Porté d’autres quand leurs jambes faiblissaient,
Et gardé la flamme vivante,
Même dans les nuits les plus lourdes.
Et un jour… il a reçu La Lettre.
Pas un mot de gratitude,
Pas une main tendue pour comprendre.
Mais une claque à la figure.
Juste quelques phrases bien polies
Pour lui dire : Tu ne fais plus partie du cercle.
On nous avait promis un espace sans murs,
Où chacun avait sa place,
Même ceux qui dérangent un peu.
Mais ce que je vois aujourd’hui,
C’est un cercle qui se referme,
Qui trie, qui filtre,
Et appelle ça de la bienveillance.
Une mentalité s’est glissée là, dans ce lieux sacré,
Parée des mots de l’inclusion,
Mais qui confond protéger et enfermer,
Accueillir et filtrer.
Et j’ose espérer…
Que ce n’est qu’ici,
Que ce n’est qu’un accident local,
Né de quelques égos bien puissants,
Qui ont fini par prendre le dessus sur les crédos.
Je n’aurais jamais cru
Que cette belle philosophie qu’est la Biodanza
Puisse un jour se retrouver corrompue…
Mais voilà, c’est fait.
On parle d’ouverture,
Mais c’est surtout pour fermer la porte
à tout ce qui pourrait secouer le confort collectif.
Les idéaux ont glissé entre les doigts,
Remplacés par des règles invisibles,
Par la peur de l’inconfort,
Par le besoin maladif de tout contrôler.
Ce n’est plus la danse de la vie.
C’est une chorégraphie figée,
Un produit bien emballé
Pour une clientèle qu’il ne faut surtout pas bousculer.
Rolando Toro aurait dit :
La danse qui exclut n’est pas la danse de la vie.
La vie n’est pas un salon aseptisé.
La vie, c’est le feu, le désordre qui crée,
La rencontre qui change, même quand elle dérange.
Si vous fermez le cercle, vous fermez le cœur.
Alors je le dis, pour toi mon frère de cœur :
Quand on préfère l’ordre à la vérité,
La sécurité à la liberté,
On ne danse plus pour vivre.
On brasse juste de l’air…
Dans un cercle qui tourne dans le vide.
Paroles
On nous disait que c’tait la danse de la vie.
Qu’ça prenait tout l’monde,
Les forts, les fragiles,
Les rêveurs, les silencieux,
Pis même ceux qui dérange un p’tit peu.
On nous disait qu’ici,
Y’avait pas d’portes fermées,
Juste des bras ouverts
Pis des cercles assez grands
Pour que tous les cœurs y trouvent leurs places.
J’ai offert des années de ma vie,
Pas seulement mes pas dans la danse,
Mais mon temps, mes épaules, mes rires,
Pour soutenir ceux dont les jambes faiblissaient.
J’ai croisé des regards, des silences lourds,
Des âmes blessées que j’ai appris à aimer,
Nos corps enlacés dans un fragile accord,
Une poésie née au creux de nos souffles.
Aujourd’hui, j’ai vu les fissures,
Sous la danse et ses belles parures,
Comme un coup de poing dans l’illusion,
Un silence lourd… pleine contradiction.
Les mots d’accueil sonnent encore,
Mais les gestes ferment les décors,
Ce n’est pas la théorie qui s’est brisée,
C’est l’humain qui s’est encore oublié.
Un cercle né pour rassembler,
Qui finit par trier, écarter,
Né de la peur de quelques âmes blessées,
Qui craignaient de se faire bousculer.
Leur crédo s’est noyé dans l’égo,
La danse plie sous le poids des mots,
Ils prêchent l’amour mais craignent la lumière,
Et ferment la porte pour sauver leur bannière.
Peut-être que c'est la vie qui m’ fait un clin d’œil,
Pour m’dire que j’avance plus vite qu’leur orgueil,
Que j’ai plus besoin d’ce cercle figé,
Parce que moi, j’suis toujours prêt à bouger.
Eux, les pieds coulés dans un sol bien plat,
Ont fermé la porte à c’qu’ils connaissaient pas,
Choisi un lieu bien sécurisé,
Géré, poli, stérilisé....
Un lieu où rien ne vient les bousculer.
Pourtant c’te philosophie la ! à l’origine,
C’était pour transcender nos origines,
Pour nous secouer, nous éveiller, nous faire évoluer.
Maintenant, c’est devenu un marché,
Une petite secte tranquille,
Un produit sous plastique bien docile,
Une clientèle qu’on veut protéger,
Garder souriante, même si elle a cessé d’progresser.
Vous avez changé la danse de la vie en danse de la peur,
Préférant la sécurité d’un cercle fermé,
Plutôt que la liberté d’un mouvement authentique,
Libre, sauvage…., et follement poétique.
Alors, je me demande…!
Quand la vie elle-même devient filtrée,
Mesurée, sélectionnée,
Est-ce qu’on danse encore pour vivre…!
Où on fait juste brasser de l’air
Dans une salle avec d'l'air climatisé ?
Alors regardez-vous bien dans l’miroir,
Au-delà des jugements, des peurs, des murs que vous avez bâtit.
Est-ce que c’est encore la vie qui danse en vous...,
Ou juste l’ombre d’un cercle qu’on vous à demandé de suivre ?
Parce qu’au fond, la vraie danse,
Celle qui fait vibrer les cœurs,
C’est pas d’être parfait,
C’est d’être imparfait, et de l’exprimer...
Avec ses failles, ses cris, ses différences.
Si vous avez plus peur d’vous tromper que d’vivre,
Si vous avez plus besoin d’contrôler que de liberté,
Alors, peut-être que vous êtes déjà ailleurs,
Loin du cercle, loin de la danse,
Loin de la vie.
Alors choisissez :
Vous restez dans l’ombre,
Où vous lâchez prise...,
Entrez dans la ronde,
Et recommencez,,,
à danser.