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Ce qui suit n’a pas été écrit pour choquer,
mais pour ne pas mentir.

Il y a ici des traces de peau,
des silences trop proches,
des mots qui n’ont pas été censurés
parce que les souvenirs, eux, ne le sont jamais.

Si certaines images vous frôlent de trop près,
c’est qu’elles ont d’abord frôlé ma vie —
et peut-être, à leur manière, la vôtre.

Sucré Salé est un lieu fragile.
Un titre comme un indice discret,
pour celle qui s’y reconnaîtra.
Quelquefois, malgré nous, le corps se souvient :
d’une chaleur, d’une absence,
d’une manière d’être touché par une personne
qui demeure malgré son absence,
sans que l’on sache toujours pourquoi.

On peut l’écouter de loin.
Ou y entrer, pleinement conscient
que quelquefois il faut déranger
pour dire la vérité.

Être poète intimiste,
c’est quelquefois accepter de se tenir nu —
non pas de corps,
mais de vérité,
devant tous,
et surtout devant ceux qu’on aime
et ceux qu’on a aimés,
en cherchant à dire merci, avec délicatesse,
à se dévoiler sans leur faire de mal.

Et un merci tout particulier
à celle qui m’appuie aujourd’hui,
pour l’espace, la confiance et la lumière
qui me permettent de m’épanouir pleinement
dans mon art.

Paroles

Je sens encore ta peau sur la mienne,
tes ongles, ta chaleur, ton parfum enivrant.

Des années se sont écoulées,
et pourtant je brûle toujours,
de septembre jusqu’à janvier,
période brève mais... infinie,
où nos corps s’étaient choisis.

Ce soir-là, je n’étais plus ton ami,
ni ton frère de confiance,
mais l’homme que tu désirais,
celui qui t’ouvrait la chair et le cœur
dans un même mouvement de vas et viens.

J’étais vulnérable, presque novice,
ayant peu goûté aux mystères des plaisirs de la chair…
Et toi, tu m’as initié,
tu m’as montré ce qu’une femme pouvait offrir,
et comment je pouvais, moi aussi,
devenir l’artisan de son plaisir.

Tes sextos embrasaient mes nuits,
tes mots crus me donnaient faim de toi.
Déjà, à peine montée dans mon camion,
tu étais brûlante d’impatience,
tes cuisses appelant mes mains,
ton corps avide de se perdre à nouveau.

Parfois, nos ébats avaient ce parfum de comédie,
des instants presque drôles,
où un geste trop vif, un rire étouffé,
ou la peur d’être surpris
venaient ajouter à la fièvre de nos corps
le piment délicieux du danger.

Comme ce jour où nous sommes allés au motel
pour y passer une heure…
une heure qui s’est transformé en plusieurs,
jusqu’à ce que la réception nous appelle sans fin
pour savoir si nous en avions terminé..., enfin,
alors que nos corps, eux,
refusaient de céder à l’horloge..., toujours en feux.

Même épuisé par nos ébats effrénés,
je revenais boire à ta source.
Ton trésor entre tes cuisses,
je le dégustais comme une offrande,
ce goût sucré-salé qui m’obsède encore.

Nos langues s’entrelaçaient comme des flammes,
glissant et dansant, explorant chaque recoin humide et brûlant.
Je goûtais ton jus sucré et salé,
glissant sur mes lèvres, sur ma langue,
chaque pulsation de ton corps sentie dans ma bouche.
Je sentais ton corps battre contre moi,
tes ondes de plaisir courir sous mes lèvres,
et tes mains tremblantes qui...
me tiraient toujours plus fort vers toi,
comme si ton désir refusait la fin,
comme si nos corps voulaient s’engloutir l’un dans l’autre
jusqu’à se dissoudre.

Et toi, tu recevais mes éclats,
mon fluide chaud et salé mêlé à notre ivresse,
nos corps et nos fluides fusionnant dans un ballet fiévreux,
offrande totale, désir visible et palpable,
comme si l’univers lui-même retenait son souffle devant nous.

Et dans cette ivresse,
tes petits mots d’encouragement
venaient combler mes failles.
Ils se glissaient en moi comme une lumière,
ils me rebâtissaient de l’intérieur.
et toi..., d’un souffle, d’un gémissement,
tu rallumais en moi l’homme
qui croyait encore à l’incendie.

Mon corps s’en souviendra toujours,
et mon cœur, lui, ne t’oubliera jamais.
Ma destinée charnelle,
celle qui a traversé l’espace et le temps
pour faire danser nos corps ensemble.