De l'enregistrement Les Premières Fleurs

Les fleurs arrivent toujours trop tard.
Avant, il y a les rôles, les silences, les gestes donnés sans retour.
On apprend à tenir, à offrir, à encaisser — sans jamais être celui à qui l’on donne.
Ce texte parle de ce manque discret, de cette attente invisible…
et de ce geste simple qui change tout, quand il est encore temps.

Paroles

Les premières fleurs
qu’un homme reçoit,
c’est pas dans sa main qu’elles tombent,
c’est sur sa tombe.

Certains diront : « à son mariage » —
mais ce jour-là, ce n’est pas pour lui.
Il les tient, il les offre, il les partage…
et jamais une ne lui est remise, à lui.

Il sourit derrière le bouquet,
comme on remplit un rôle appris.
On célèbre l’amour qu’il promet,
sans voir le manque qu’il enfouit.

On l’applaudit pour sa force tranquille,
pour ses épaules larges, son cœur discret.
On oublie que sous la veste immobile
bat un besoin simple d’être honoré.

Alors il avance, les mains ouvertes,
mais rarement vers lui on se penche.
Il offre des fleurs, des gestes, des pertes…
et reçoit le silence en échange.

Et quand les fleurs tombent enfin sur lui,
il n’est plus là pour les voir.
Il a attendu toute sa vie…
un geste simple, un regard.