De l'enregistrement Fragments d’un matin silencieux

Une évocation poétique de l’un de ces instants où la création devient refuge et naissance.

Paroles

Le jour hésite au bord des vitres
Une lueur derrière l’écran
Le monde retient son souffle encore
Suspendu hors du temps

Pas de moteurs dans la rue
Pas de pas pressés, pas de voix
Juste le silence qui s’étire
Et s’installe autour de moi
Avant que tout recommence
Le ballet des heures et du bruit
Les routes pleines d’impatience
Et les gestes qui s’ensuit

Un instant volé au tumulte
Avant l’appel du quotidien
Où même le temps semble attendre
Avant de prendre le chemin

Je me suis levé avant le monde
Quand tout respire encore tout bas
La nuit repose sur mes épaules
Et ne me quitte pas

Assis face à la page ouverte
Les doigts frôlent le presque-rien
Une chanson cherche à naître
Entre le rêve et le matin

La lumière glisse sur la table
Traverse les touches, lentement
Comme un écho encore instable
De ce que j’ai senti en dormant
Des images floues me traversent
Des voix sans visage ni nom
Je les retiens comme on serre
Un peu de chaleur au fond

Et si je joue doucement
C’est pour ne pas briser
Ce fil fragile émouvant
Que la nuit m’a laissé

Ça y est, je t’ai
Enfin, je t’ai trouvé
Toi qui me fais frissoner
Toi qui m’as révéillé

Dans l’ombre encore tiède
D’un rêve à demi vrai
Tu deviens mélodie
Avant de t’oublier

Un violon en moi s’élève
Comme une trace qui insiste
Chaque note garde le rêve
Encore vivant, encore triste

Je façonne l’instant qui tremble
Sans chercher à le retenir
Juste lui donner une chambre
Avant qu’il ne puisse fuir

Le jour entre sans prévenir
Se pose sur mes mains
Et moi, je reste là
Avec entre les doigts
Une œuvre née du silence
Une autre partie de moi…